On y est. Le grand jour est arrivé. Dans quelques heures je vais m’envoler pour l’Australie. L’inquiétude se mêle à l’excitation. Direction l’aéroport et le moment tant redouté : les adieux. Tout se fait rapidement et j’ai à peine le temps de verser une petite larme que me voilà déjà à la douane, puis assise dans l’avion. Décollage imminent, c’est parti pour 12h de vol jusque Singapour, puis après 2h50 d’escale, on repart pour 7h30 vers Sydney. Les heures en avion passent plus vite que je ne l’imaginais, j’essaie de ne pas trop réfléchir et me replie sur quelques films. A ma grande surprise je n’éprouve aucun regret, enfin pour le moment. J’essaie de ne pas penser à ce qui m’attend, de ne rien m’imaginer afin de ne pas trop me faire d’idées...
Atterrissage à Singapour. Je me concentre sur mon transfert d’avion qui m’inquiète un peu, surtout dans un aéroport d’une telle envergure. Après être descendue de l’avion, je repère de suite la porte où je prends mon prochain vol histoire de ne pas perdre de temps. Je passe devant les magasins « duty free » sans même m’arrêter (oui oui !!!) et après 40 min de marche (rien que ça) jusqu’au bout du terminal, je me pose un peu. Je bénie l’Homme qui a décidé d’installer le wifi gratuit dans les aéroports d’ailleurs. Je consacre mes quelques petites heures d’escale à parler à mes proches qui me manquent déjà beaucoup trop.
Puis c’est reparti, je m’envole à nouveau, en direction de Sydney. C’est la dernière ligne droite. Les heures dans l’avion passent presque aussi vite que celles du premier trajet. Il est 20h20 heure locale quand j’atterris. Une fois sortie, et une fois le département de l’immigration Australienne passé (qui est très strict : un coup de téléphone dans la queue qui vous y mène et vous récoltez 1,000AU$ d’amende. Oui oui : le mec devant moi en a fait les frais), je récupère ma valise très rapidement. Je me dirige alors vers la sortie la plus proche et j’arrive dans un des hall de l’aéroport. Des dizaines de personnes sont là, armées de ballons gonflés à l’helium avec écrit «Welcome ! ». Une ambiance agréable et chaleureuse règne, les gens se retrouvent, s’enlacent ou se découvrent. Je cherche frénétiquement le père de ma famille d’accueil, mais après 10 min d’attente interminable, je me dis qu’il doit être dans un autre hall. Moi, ma valise de 30kg et mes 3 sacs nous dirigeons donc vers l’autre bout de l’aéroport. Quel soulagement quand je le reconnais, armé d’une petite pancarte « Louise ». Après des embrassades chaleureuses, nous rejoignons la voiture et entamons les 2h de routes qui nous séparent de la maison. Nous discutons de tout et de rien, on rigole, on projette des sorties. Je me détends, je n’aurais pas pu mieux tomber. Il fait un petit détour afin de me montrer le fameux Sydney Harbour Bridge. Même de nuit j’en prend plein les yeux. Après avoir écoulé notre stock de conversation, je sens la fatigue me gagner, je n’ai dormi que 3h dans l’avion. Tant mieux car je vais pouvoir dormir en rentrant et essayer de me caler à cette nouvelle heure. Nous arrivons enfin dans un petit quartier, j’ai encore du mal à me rendre compte de ce qu’il en est avec la pénombre. Il fait lourd, des éclairs traversent le ciel. Nous nous garons devant une superbe maison neuve et justement, il m’explique qu’ils viennent d’emménager il y a quelques semaines. Je me réjouis à l’idée d’avoir un cadre de vie idyllique. Je croise le mère de famille encore tout endormie, tirée de son sommeil pour venir nous ouvrir, mais elle n’en est pas des moins chaleureuse. Nous montons jusqu’à ma chambre, juste en face de celles des enfants, et je découvre un lit king size dans lequel je peux dormir dans n’importe quel sens sans dépasser. Je sombre alors très vite dans un profond sommeil.
25.01
Le premier réveil est difficile. Il est 5h du matin quand j’ouvre les yeux, réveillée par le soleil qui pointe et les cris de toutes sortes d’animaux non-identifiés qui résonnent sans cesse ! Jungle be like. Impossible de me rendormir, mon esprit divague vers des pensées trop négatives à mon goût. Je pense à ce que j’ai laissé en France et surtout à ceux que j’ai laissé. Je me demande ce que je fais là, je pense aux 6 mois qui m’attendent, je me dis que ça va être malgré tout très difficile. Je me disais bien que le voyage avait été très calme sentimentalement parlant ! Toutes mes émotions refont surface et la nostalgie m’envahie déjà. Je réalise que je suis à des milliers de kilomètres de chez moi, que tout va changer. Mais je me résonne : je savais à quoi m’attendre en venant, je l’ai choisi et surtout j’en ai envie ! Je m’apprête à vivre les plus beaux moments de mon existence, à me forger de toute pièce, et surtout à m’endurcir. Alors je relativise, et je me dis que ce n’est que le début, que c’est « normal ». Je tente une recherche de wifi mais rien à l’horizon. J’espérai un peu de réconfort à travers ce monde virtuel. C’est bête mais je me sens encore plus loin de chez moi sans cet accès à la communication facile. Je leur demanderai plus tard s’ils ont une connexion car j’aimerai déjà faire un Skype au plus vite. Je pense alors à la journée qui m’attend. Tout est encore calme dans la maison. Il n’est que 6h du matin et je ne suis plus fatiguée. Je me met donc à écrire cet article pour passer le temps et pour me changer les idées. Je prendrai bien une douche mais j’ai peur de réveiller les enfants. J’appréhende un peu le « réveil collectif ». Je me pose beaucoup trop de questions. Mais j’ai hâte de découvrir la ville de jour, de rencontrer les enfants (qui vont faire partie intégrante de mon quotidien) et de découvrir le reste de la maison.
8h, j’entend du bruit en bas. Je me décide enfin à aller à la douche, puis à descendre voir les enfants. Ils sont attablés à leur petit déjeuner avec leur père (Mr.M), et m’offrent leur plus beau sourire. Le plus grand, Adam me donne un bisou volé, quant à Dean, il me fait le plus gros câlin du monde. Je suis soulagé par leur accueil chaleureux. Dean m’emporte toute suite par le bras et me fait faire le tour de la maison. C’est vraiment un bel endroit, de grands volumes, une grande terrasse donnant sur un joli jardin, bref le top. Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’apparait leur mère (Mrs.D) accompagné de leur petit dernier : Zane, 6 mois. Il est vraiment très facile et trop rigolo. Ca s’annonce plutôt bien tout ça. La matinée s’écoule auprès de la famille, puis après le repas, ils m’emmènent faire un tour à Newcastle même afin de m’y faire découvrir les plages et la ville.
S’étendent alors devant de longues plages de sable fin, très large, un océan roulé par les vagues, et des surfeurs à perte de vue. On me précise ensuite que la plage fut fermée la semaine dernière à cause d’un requin dans la zone de baignade. Mais que je sois rassuré : il est surement parti ! Ouf. Un peu plus et je m’inquiétais…
La journée se termine par une virée au centre commercial en famille, on y boit un chocolat frappé et nous finissons par manger chinois.
Quand vient l'heure de dormir, je me sens plutôt bien, mais mon coeur est en France… Il va me falloir un peu de temps.
26.01
Ce matin, c’est pancakes! Enfin c’est comme ça qu’ils les appellent. Je dirais plutôt que c’est à mis chemin entre la crêpe et le pancake, c’est un crêpe épaisse quoi. Après le petit déj, Mrs.D propose de me déposer au centre commercial en fin de matiné et de m’y reprendre un peu plus tard. Je me réjouis à l’idée de découvrir ce temple de la consommation. Elle m’y dépose vers 11h, et me dit qu’elle reviendra me chercher dans l’après-midi. Et là je me dis, ah oui quand même ! Soit c’est très très grand et elle pense qu’il va me falloir plusieurs heures pour faire le tour, soit… Je ne vois pas d’autre raison, si ce n’est qu’elle veuille se débarrasser de moi, mais j’en doute, je suis bien trop gentille ahahah…
Ok donc que ce soit bien clair, c’est vraiment trop immense. J’arrive même à me perdre à plusieurs reprises! Mon petit St seb me manque aha… non pas trop en fait. Il n’y a aucune grande enseigne comme en France, mais ça je le savais, j’en ai parlé avec Mrs.D (accro au shopping également) et elle m’a dit qu’ils n’ont qu’un seul Zara, Sephora, Topshop etc, à Sydney ! Cependant ce n’est pas si mal, je suis là pour découvrir du local ! Mais je redoutais quand même car on m’a souvent noté le style particuliers des Australiens. Cependant après plusieurs heures de lèche-vitrine, je reviens sur mon opinion ! Il y a vraiment beaucoup de choses très sympas, qui tourne bien évidemment autour d’un même style un peu beachywear. Mais c’est tellement agréable de voir des maillots de bain, des robes, des shorts… Bref j’adore cet endroit. En plus, y’a le wifi ! Prends-en de la graine, France. Il y a des tonnes de magasins super et niveau beauty, de nombreuses marque qu’on ne retrouve pas en France.
Mais BIP ! Bémole. Il en fallait bien un non ..? Le prix. Tout est extrêmement cher. Je n’ai pas trouvé de débardeur (donc un bout de tissu relié à deux bouts de ficelle) à moins de 30$ !! Et dire que je me plaignais d’un pull à 30€… J’avais craqué sur une petite robe mes les 100$ m’ont vite refroidit. Je reviendrai quand je serai riche !
Autre ordre d’idée clairement plus concret : un menu Best-of Big mac de chez Mc do coûte 11$. Donc comme je le disais, je reviendrai quand je serai riche ! (Enfin je fais la fille révoltée mais j’ai quand même craqué… )
Mrs.D est donc venu me chercher à 15h30, après que j’eu fait le tour du centre un peu près 3948519x.
La journée touche à sa fin et je n’ai qu’une hâte : avoir le wifi. Normalement il sera en place jeudi. J’ai hâte car je me sens encore plus éloignée et vraiment coupé de mes proches. Surtout que je ne commence à travailler que la semaine prochaine.
Le reste de la semaine s'écoule doucement auprès de la famille et des enfants, nous apprenons à faire plus ample connaissance. Je crois que je me sens bien avec eux. Ils sont simples et il me mettent vraiment à l'aise.
Mes premières impressions sont vraiment très positives. Le cadre de vie est idéal et tout est plus simple qu'en France. Et puis les gens sont tellement accueillants, s'en est même parfois gênant !
De plus, je m'attendais à ce que la barrière de la langue soit un vrai frein dans l'intégration, mais finalement pas tant que, nous arrivons à communiquer d'une manière ou d'une autre et je me rend compte que ça vient de plus en plus naturellement, c'est rassurant, ça évolue très vite. Sauf Dean qui mâche ses mots et qui a un accent australien des plus prononcé ..!
J'ai hâte de découvrir le coeur de l'Australie, de voir ce que ce pays me réserve. Ce n'est que le début mais je sens que ces 6 mois vont m'apporter énormément, à tout point de vue.
À suivre ...
Ps : ne vous inquiétez pas pour moi, ils ont du Nutella!
Louise



test JU
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